Choisir le format de son affiche, du A4 au A0
Un A2 n’est pas un A3 avec plus de rues : c’est le même dessin, 41 % plus grand de chaque côté. Ce qui change, c’est le mur.
Une seule forme, cinq tailles
Nos formats sont ceux de la série A : A4, A3, A2, A1, A0. Ils ont tous la même forme, un rectangle dont la hauteur vaut 1,41 fois la largeur, et c’est ce qui fait qu’une œuvre composée dans l’éditeur s’imprime dans les cinq sans rien perdre ni recadrer. Le A4 fait 21 × 29,7 cm, le A3 29,7 × 42, le A2 42 × 59,4, le A1 59,4 × 84,1, le A0 84,1 × 118,9.
La série a une logique, et elle sert à choisir. Chaque format est le précédent plié en deux : deux A3 côte à côte font exactement un A2, deux A2 un A1. D’un format au suivant, chaque côté grandit de 41 % et la surface double. Le A0 fait un mètre carré, c’est sa définition ; le A4, un seizième.
Le format couché existe aussi, selon le support : l’éditeur montre, pour chaque taille, les finitions qui la prennent, avec son prix.
Le même dessin, à toutes les tailles
Il faut le dire clairement, parce que c’est la question qu’on se pose : un grand format ne montre pas plus de rues qu’un petit. L’œuvre est un seul fichier. Ce qu’elle dessine, la part de ville, le nombre de voies, la finesse du bâti, se décide dans l’éditeur, par le cadrage et par le fond de carte, épuré ou détaillé. Le format ne fait qu’une chose : il agrandit ce dessin, tel quel.
Ce qui change, c’est l’épaisseur des choses. Une rue qui n’est qu’un trait fin sur un A4 devient, sur un A0, un trait quatre fois plus large. Le titre aussi : un cartel qui se lit à un mètre en A4 se lit à peu près à deux mètres en A2, et à quatre en A0. Au moment de choisir, regardez donc les rues les plus fines de votre aperçu : ce qui vous semble un cheveu à l’écran sera un cheveu en A4 et un trait franc en A1.
C’est aussi pourquoi un ciel étoilé aime la place : ses points les plus fins se regardent de près en A4. En A2, ils tiennent le mur.
Ce que le cadre ajoute
Les dimensions annoncées sont celles de la feuille et, pour le cadre classique, celles du vitrage. La moulure fait 2 cm de face : encadrée, l’œuvre prend 4 cm de plus en largeur et en hauteur. Un A2 encadré occupe 46 × 63,4 cm de mur, un A0 88 × 123. Elle avance de 2,2 cm.
La toile encadrée est un autre objet. La toile est tendue sur un châssis de 3,8 cm d’épaisseur, puis posée dans un cadre flottant qui la borde à 5 mm sans la toucher ; le bois fait 1,2 cm de face. Comptez 3,4 cm de plus dans chaque sens, et surtout 5,3 cm de saillie : elle vit sur le mur bien plus qu’un cadre plat, et c’est ce qu’on lui demande. L’image se prolonge sur la tranche du châssis : quelques millimètres du dessin passent sur les côtés, gardez un peu d’air autour de votre sujet.
Les baguettes, enfin, ne cachent rien sur les côtés et prennent jusqu’à 1,5 cm de la feuille en haut et en bas. La baguette est un peu plus large que l’affiche : 32 cm pour un A3, 42 pour un A2, 86 pour un A0.
Lequel, au-dessus de quoi
La règle que les décorateurs répètent tient en une fraction : au-dessus d’un meuble, l’œuvre, ou le groupe d’œuvres, occupe environ les deux tiers de sa largeur. Moins, elle flotte ; plus, elle écrase. Le reste est de l’arithmétique.
Au-dessus d’un canapé de 180 cm, il faut donc autour de 120 cm. Un A0 seul en fait 84, et il est déjà grand ; deux A1 côte à côte, avec dix centimètres entre eux, en font 129 : c’est la paire qui remplit. Au-dessus d’un lit de 160 cm, autour de 107 : un A0 encadré, ou deux A2 encadrés, 46 + 46 et un écart de 15. Au-dessus d’une console ou d’une commode de 100 cm, un A1, 59 cm de large ; d’un bureau, un A2. Sur une étagère, posé contre le mur, un A4 ou un A3, avec ou sans cadre.
Ce que la paire a pour elle : deux A3 valent un A2 en papier et laissent respirer le mur entre les deux. Une carte et un ciel, le lieu et la date, se lisent souvent mieux à deux qu’en un seul grand. Et à hauteur d’œil : le centre de l’œuvre autour d’un mètre cinquante, c’est la convention des galeries, et la plupart des gens accrochent trop haut.
Le format ne change pas le dessin. Il change la distance à laquelle on le lit.