Accrocher une affiche sans percer, et sans abîmer ses murs
Une feuille de papier d’art ne pèse rien. Ce qui pèse, c’est ce qu’on met autour, et c’est cela qu’on accroche.
Quatre supports, quatre poids
Notre papier fine art pèse 200 grammes au mètre carré. Un A2 fait un quart de mètre carré : cinquante grammes. Un A0, un mètre carré : deux cents. Une affiche nue ne demande donc rien au mur ; c’est le cadre, le vitrage, le châssis qui pèsent, et le choix de la fixation se fait sur eux.
Les baguettes bois sont le support le plus léger : deux baguettes qui pincent la feuille par aimants, un cordon qui les relie. Un seul crochet suffit, et le cordon pardonne un crochet un peu décentré. Le cadre classique arrive prêt à accrocher, l’attache fixée au dos. Son vitrage est en acrylique, plus léger que le verre et incassable, ce qui compte au-dessus d’un lit d’enfant.
La toile encadrée est la plus lourde et la plus profonde des quatre, cinq centimètres de saillie, et elle arrive sans attache : c’est ainsi que l’atelier la livre, et il vaut mieux le savoir avant qu’elle soit sur la table. Deux pitons à anneau vissés dans le châssis, à un tiers de la hauteur depuis le haut, et un fil entre les deux ; ou une attache dentée au centre pour les petits formats. Un fil sur deux crochets plutôt qu’un, et le cadre ne bascule plus au moindre passage.
Ce qui tient sans percer
Les bandes adhésives à décoller sont devenues sérieuses. Le fabricant le plus répandu annonce, pour ses grandes bandes, un peu plus de sept kilos par lot de quatre paires. C’est assez pour un cadre classique de taille moyenne, à trois conditions que le paquet dit et qu’on lit rarement : un mur lisse et peint, propre, et le temps d’attente avant d’y suspendre quoi que ce soit. Sur un crépi, un papier peint, une brique nue ou une peinture fraîche, elles ne tiennent pas, et elles emportent parfois la peinture en partant.
Deux détails qui font la différence. On presse chaque bande longuement, pas d’un doigt. Et on ne colle jamais la bande sur le papier lui-même, toujours sur le dos du cadre ou sur la baguette.
La cimaise est la solution des galeries et des musées, et elle est de la maison : un rail fixé une fois pour toutes en haut du mur, des câbles qui s’y accrochent, des crochets qui glissent. Les trous sont faits une fois, pour dix ans d’accrochages qui n’en feront plus aucun. C’est ce qu’on choisit quand on sait qu’on changera d’œuvre, ou d’avis.
La tablette, enfin : une étagère fine à rebord, et les œuvres posées contre le mur, qui se chevauchent un peu. Un A4 et un A3 y vivent très bien, encadrés ou en baguettes, et on les déplace d’une main.
Ce qui marque, et pourquoi on le choisit quand même
Un cadre qui restera dix ans au même endroit mérite une fixation qui ne se discute pas. Le crochet à pointes fines, celui qu’on enfonce au marteau dans le plâtre ou la plaque, laisse deux trous d’un millimètre et tient sans peine un cadre classique de taille moyenne. Au départ, une noisette d’enduit, un coup de doigt, et le mur n’a rien vu.
Le mur décide du reste. Une plaque de plâtre accepte le crochet fin pour tout ce qui est léger, et demande une cheville à expansion pour une toile encadrée en grand format, qui est lourde et avance de cinq centimètres. Un mur ancien, en plâtre plein, prend le clou fin et le crochet. La brique et le béton ne prennent rien sans perceuse et cheville ; c’est le cas de bien des immeubles récents, et c’est là que la cimaise ou les bandes rendent service. Un mur en bois, une simple vis.
La hauteur, pendant qu’on y est : le centre de l’œuvre autour d’un mètre cinquante, à hauteur d’œil. C’est la convention des galeries, et presque tout le monde accroche plus haut.
Trois gestes qui abîment l’œuvre, pas le mur
Le premier, on le voit partout : du ruban adhésif ou de la pâte à fixer directement sur l’affiche. Un papier d’art de 200 grammes a une surface qu’on ne récupère pas ; l’adhésif l’arrache, la pâte la tache, et les quatre coins finissent gondolés. Une affiche nue va entre deux baguettes, dans un cadre, ou posée sur une tablette. Jamais collée.
Le deuxième : un cadre pendu par un seul point quand il a un fil. Il penche, on le redresse, il penche encore. Deux crochets à l’écartement du cadre, et il ne bouge plus.
Le troisième n’est pas une fixation, c’est une place. L’atelier annonce la tenue des couleurs à l’abri du soleil direct ; un mur qui prend le soleil de l’après-midi l’aura, à sa manière, dans quelques années. Ni au-dessus d’un radiateur, ni dans une salle de bain sans fenêtre pour un tirage sur papier. Le reste de la maison est à lui.
Un mur se rebouche en une minute. Un papier d’art collé, jamais.